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African Growth Stories

À travers l’Afrique, de jeunes femmes bâtissent des entreprises qui font vivre les économies locales : réparant des ordinateurs dans les centres urbains, commerçant sur des marchés animés, cultivant des terres qui nourrissent des communautés entières. Pourtant, des obstacles systémiques continuent de freiner leur potentiel : manque de fonds de roulement, lacunes en gestion d’entreprise et exclusion des systèmes financiers formels. L’Africa Growth Fund a reconnu que ces entrepreneuses, qu’elles opèrent dans des marchés urbains ou des communautés agricoles, se heurtent aux mêmes obstacles fondamentaux : accès limité au capital, insuffisances en gestion d’entreprise et marginalisation des circuits financiers formels qui leur permettraient de croître.

Plutôt que de proposer des subventions ponctuelles génératrices de dépendance, le Fonds a conçu un dispositif combinant des prêts remboursables et des services de développement entrepreneurial sur mesure : culture financière, gestion d’entreprise et stratégies d’accès aux marchés. Ce modèle touche des milliers de jeunes micro-entrepreneuses nigérianes intégrées dans des chaînes de valeur et s’étend, à travers des sociétés de portefeuille comme Agriarche, aux filières agricoles où les mêmes principes s’appliquent.

Pendant sept ans, les chiffres ne s’additionnaient jamais

Elle est arrivée comme une agricultrice prise dans un cycle sans fin. Elle repart comme une femme d'affaires avec un plan, un bilan concret et une communauté qu'elle entraîne avec elle.
Portfolio Company
Investment Vehicle
Country
Sketch of Helen Dung
Croissance des revenus

Multiplication par cinq de ses revenus saisonniers.

Rendement à la récolte

Le rendement est passé de 10 à 50 sacs par saison sur 1,5 hectare.

Prix par sac

Contre ₦20 000 auparavant : l’agrégation collective et les connexions aux marchés ont rendu possible un prix équitable.

Emplois créés

Des travailleurs supplémentaires embauchés à mesure que l’exploitation s’est développée.

Pratiques commerciales

Elle suit désormais tous ses coûts et ses ventes, faisant de l’agriculture une activité planifiée et gérée.

Impact communautaire

Elle encourage les femmes agricultrices de sa communauté à adopter de bonnes pratiques de gestion.

Helen Dung plante des pommes de terre deux fois par an sur un hectare et demi dans la communauté de Fan, à Barkin Ladi, dans l’État du Plateau au Nigeria, et ce depuis sept ans. Elle gère ses terres tout en élevant sept enfants et en maintenant le foyer à flot grâce à ce que produit la ferme. Elle connaît le rythme des saisons, sait lire le temps qu’il fait, sait quand planter et quand récolter.

Mais chaque saison de plantation, le même problème revenait : au moment où elle avait besoin d’argent pour les intrants, il n’y en avait plus. La récolte précédente était passée dans les frais de scolarité, les dépenses du foyer, les dettes du cycle précédent. Alors elle plantait en retard, parfois avec plusieurs semaines de décalage, à attendre des liquidités qui arrivaient trop lentement ou pas du tout. Planter tard, c’était récolter moins. Dix sacs par saison, alors que la terre pouvait en donner cinq fois plus si seulement elle pouvait commencer à temps.

Ces dix sacs vendus au premier acheteur qui se présentait à la ferme. Généralement des intermédiaires qui connaissaient parfaitement le mécanisme : la saison des récoltes, c’est le moment où tous les agriculteurs vendent en même temps, ce qui fait chuter les prix, et Helen prenait ce qu’elle pouvait. Les pommes de terre étaient déjà récoltées, les frais de scolarité étaient dus, et elle n’avait aucun espace de stockage pour attendre de meilleures offres.

Elle savait que ces mêmes pommes de terre se vendaient plusieurs fois plus cher une fois arrivées sur les marchés urbains. Elle savait que si elle pouvait accéder à des fonds de roulement pour des intrants de qualité et planter à temps, ses rendements se transformeraient. Elle savait que si elle pouvait se connecter à de meilleurs acheteurs plutôt que de vendre seule à la ferme, le prix se transformerait aussi.

Helen comprenait exactement où le système se bloquait. Ce qui lui manquait, c’était le fonds de roulement pour briser le cycle des plantations tardives, des connexions aux marchés qui rémunèrent équitablement, et le levier que procure la vente collective plutôt qu’individuelle.

“Les pommes de terre restent le pilier du revenu de mon foyer. Mais avant, une fois les frais de scolarité payés, il ne restait plus rien pour acheter les intrants de la saison suivante.”

Helen Yohanna Dung

La première chose qui a changé était simple : le moment. Grâce à Pricepally, entreprise partenaire de Chui Ventures au sein de l’Africa Growth Fund, Helen a accédé à un fonds de roulement pour les semences et les engrais avant le début de la saison de plantation, pas après, pas à mi-chemin, mais avant qu’elle commence. Elle a planté à temps pour la première fois depuis des années. Ce seul changement a transformé ses rendements de façon spectaculaire, mais ce n’était pas encore suffisant pour briser le cycle : assez pour produire plus de pommes de terre, qu’elle devrait toujours vendre à bas prix à la ferme, aux mêmes acheteurs.

Ce qui a vraiment brisé le cycle, c’est l’accès aux marchés. PricePally a connecté Helen à un modèle de commercialisation collective où elle vendait aux côtés d’autres agricultrices en tant que groupe, au lieu de négocier seule à la ferme face à un seul acheteur. Ensemble, elles ont atteint d’autres marchés et obtenu d’autres prix, ceux qu’Helen imaginait autrefois quand elle se demandait où finissaient ses pommes de terre et ce qu’elles rapportaient une fois arrivées à destination. Le prix qu’elle recevait a plus que doublé du jour au lendemain. Les mêmes pommes de terre, la même ferme, une position radicalement différente dans la chaîne de valeur.

Mais ce dont Helen parle le plus, ce n’est ni du capital, ni même de l’accès aux marchés. C’est la formation qui lui a appris à noter chaque dépense, à enregistrer chaque vente et à calculer son bénéfice réel pour la première fois en sept ans d’agriculture. Elle avait travaillé tout ce temps sans savoir si son travail portait vraiment ses fruits. Le jour où elle s’est assise avec un carnet et a additionné des chiffres qu’elle n’avait jamais écrits auparavant, tout a basculé.

“Le jour où j’ai appris à calculer mes bénéfices, c’est le jour où j’ai réalisé que l’agriculture n’est pas seulement un travail, mais une entreprise qui doit être planifiée et bien gérée.”

Helen Yohanna Dung

Les rendements d’Helen sont passés de dix sacs à cinquante sacs par saison. Son revenu a été multiplié plusieurs fois. Elle plante désormais à temps, avec des fonds de roulement, sans courir après les liquidités. Elle règle les frais de scolarité sans stress, met une meilleure nourriture sur la table. Sa ferme emploie cinq travailleurs de sa communauté, des personnes qui gagnent un revenu régulier parce que son activité a grandi. Elle prévoit de passer à deux hectares et de se diversifier dans d’autres cultures, pour avoir des revenus tout au long de l’année plutôt que deux fois par an au moment de la récolte des pommes de terre.

“Je peux maintenant payer les frais de scolarité de mes enfants sans stress, et je peux me permettre une meilleure alimentation à la maison. Le jour où j’ai appris à calculer mes bénéfices, c’est le jour où j’ai réalisé que l’agriculture n’est pas seulement un travail, mais aussi une entreprise, et cette entreprise doit être planifiée.”

Helen Yohanna Dung

Mais ce qui compte autant que ce qui se passe sur la ferme d’Helen, c’est ce qui se passe autour d’elle. Elle parle maintenant à d’autres femmes agricultrices, leur montre ses registres, leur explique les calculs qu’elle a appris à faire. Certaines ont commencé à tenir leurs propres carnets, à suivre leurs propres chiffres, à se poser leurs propres questions sur ce qui serait possible si le système fonctionnait différemment pour elles aussi.

“Avant, je me voyais uniquement comme une agricultrice. Maintenant, je me vois comme une agricultrice et une femme d’affaires.”

Helen Yohanna Dung

La terre et les pommes de terre sont les mêmes. Ce qui a changé, c’est l’accès à trois choses qui n’auraient jamais dû être rares : un capital arrivant au bon moment pour planter quand il faut planter, des connexions aux marchés qui la rémunèrent équitablement au lieu de capter l’essentiel de la valeur qu’elle crée, et une formation en gestion d’entreprise qui a rendu visible ce qui était invisible.

L’État du Plateau compte des milliers de femmes qui cultivent des pommes de terre comme Helen le faisait autrefois : travaillant dur, restant bloquées, nourrissant les villes du Nigeria tout en ayant du mal à nourrir leurs propres familles. Non pas parce qu’elles ne savent pas cultiver, mais parce que le système n’a pas été conçu pour fonctionner en leur faveur. Helen a trouvé comment le faire marcher. Aujourd’hui, elle montre aux autres que c’est possible, parce qu’elle a enfin accédé à ce qui ne devrait pas être exceptionnel : des prix justes, des fonds de roulement et la capacité de savoir si son travail est vraiment rentable.

Le cycle s’est brisé. Ce qui vient ensuite, c’est ce qu’Helen construit dans l’espace qui s’ouvre quand on ne cherche plus seulement à survivre chaque saison, mais qu’on peut planifier la suivante et celle d’après. Elle est déjà en train de construire.

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Chui Ventures × Mastercard Foundation Africa Growth Fund


Chui Ventures is an investment company that backs exceptional African startups at the early stage of their growth. Combined experience in global corporate banking, private equity and wealth management across Africa, USA and the UK.

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